Une aventure à vélo autour du Mont Blanc

TOUR DU MONT BLANC: UN VOYAGE À VÉLO AUX CONFINS DE LA FRANCE, DE LA SUISSE ET DE L’ITALIE.

4810 m d’altitude.
Un voyage au pied d’un géant.

Cet article fait suite au repérage que j’ai mené à l’été 2020 dans les Alpes afin de concevoir un séjour que vous pouvez découvrir sur Voyage à Vélo Tour du Mont Blanc.

Point culminant des Alpes et de l’Europe occidentale (4810m) le Mont Blanc fascine les amoureux de nature et de défis sportifs depuis des siècles : alpiniste, randonneurs, cyclistes, trailers, parapentistes.

Un voyage en vélo de route autour du Mont Blanc, c’est une aventure à travers la France, la Suisse et l’Italie, c’est emprunter un itinéraire qui serpente chaque jour au coeur de paysages alpins majestueux : sommets enneigés, glaciers, lacs d’altitude, alpages, cols mythiques. 

Les Cols frontaliers du Grand Saint Bernard et du Petit Saint Bernard ainsi que le Cormet de Roselend souvent emprunté par le Tour de France sont les géants à gravir au cours de ce voyage à vélo de 350 kms et de 8000 m de D+.

Vue sur le Mont Blanc depuis l’Aiguille du Midi

Col du Grand Saint Bernard, frontière entre la Suisse (Valais) et l’Italie (Val d’Aoste)

Col du Cormet de Roselend. Savoie

Lac de Roselend 

Col du Grand Saint Bernard versant italien

8 août 1786

Jusqu’au XVIIIe siècle la haute montagne ne représentait que dangers et contraintes pour les populations locales. Les glaciers étaient considérés comme des lieux maudits, habités par les démons. Seuls les cristalliers et chasseurs de chamois osaient s’y aventurer. L’histoire voudra que l’un d’eux, Jacques Balmat, accompagné du Dr Michel Gabriel Paccard, soit le premier à atteindre le sommet du Mont Blanc le 8 aout 1786, sous l’impulsion du savant genevois Horace Benedict De Saussure. 
À cette époque la vallée de Chamonix appartient au duché de Savoie, lui même faisant parti du royaume de Sardaigne.

Statue représentant Horace-Benedict de Saussure et Jacques Balmat. Chamonix – Haute Savoie

L’acte fondateur de l’alpinisme

L’ascension du Mont Aiguille (Vercors, France) par Antoine de Ville en 1492 pour le compte du Roi de France Charles VIII est généralement considéré comme l’acte de naissance de l’alpinisme.
C’est cependant la première ascension du Mont Blanc qui est considérée comme l’acte fondateur de l’alpinisme. De nos jours, le massif du Mont-Blanc reste un laboratoire des pratiques et des évolutions de l’alpinisme. Beaucoup d’himalayistes, de skieurs et de grimpeurs viennent s’y entraîner avant de partir vers des objectifs de plus grande ampleur. 
Aujourd’hui, 25 000 personnes tentent l’ascension du mont Blanc chaque été, entre juin et septembre.

Vue sur le Mont Aiguille et le Grand Veymont. Isère

Vue sur le sommet du Mont Blanc au levé du jour lors de l’ascension

Vue sur le massif du Mont Blanc

Chamonix & ses guides

Le Mont Blanc est indissociable de Chamonix, capitale mondiale de l’alpinisme, Cette petite ville (- de 10 000 hab) se trouve à 1000 m d’altitude, dans la vallée du même nom, à quelques kilomètres de la Suisse et de l’Italie.
Située à proximité de nombreux sites naturels, Chamonix permet d’accéder en téléphérique à l’Aiguille du Midi (3842m) et en petit train à la Mer de Glace en quelques minutes.La Compagnie des Guides de Chamonix participe également à la réputation de la ville.  
On considère souvent que tout commence en 1741 lorsque deux grands explorateurs britanniques font part de leur fascination pour les « glacières » de la région et en particulier pour la Mer de Glace. Le nombre de visiteurs augmente alors rapidement et les habitants du « bourg » de Chamonix, déjà chasseurs et cristalliers, deviennent naturellement des guides locaux.
La Compagnie des guides de Chamonix est créée en 1821 suite à un accident sur les flancs du Mont Blanc où des guides perdent la vie. Un fond de solidarité est mis en place afin d’aider les familles endeuillées et un principe de répartition équitable du travail est établi : la Caisse de Secours et le Tour de Rôle sont nés.

Chamonix

Mer de glace et Grandes Jorasses. Gare de Montenvers

Grotte de glace. Mer de glace – Montenvers

Téléphérique de l’Aiguille du Midi. Chamonix

Un héritage français

Dans cette partie de l’Europe, l’héritage de la France est toujours présent, à commencer par sa langue. 
Ainsi dans la partie du canton Suisse du Valais qui est traversée : Martigny, Champex, Orsières ainsi que dans la région autonome du Val d’Aoste en Italie : Aoste, Courmayeur le français est la/une langue officielle.
En effet, pour cette dernière, il s’agit d’une particularité méconnue mais qui existe depuis le XVIe siècle. En 1561, Emmanuel-Philibert 1er de Savoie ordonne que tous les actes officiels soient écrits dans la langue de Molière. Mais depuis l’unité de l’Italie, il y a environ 150 ans, la pratique du français se perd au profit de l’italien, qui est devenu dans l’intervalle la première langue officielle de la région valdôtaine.

Col du Grand Saint Bernard, frontière entre l’Italie (Val d’Aoste) et la Suisse (Valais) 

Une frontière disputée

Depuis 160 ans, la France et l’Italie se disputent le Mont-Blanc.
Il existe une zone de quelques hectares, une vingtaine, qui est source de discussions depuis longtemps.
Le différent est le suivant, dans un cas le sommet du Mont-Blanc se situe à la frontière entre la France et l’Italie, dans l’autre cas il est situé à 100% en France. 
Cette différence d’interprétation repose sur l’histoire. 
En cédant la Savoie à la France, le Royaume Sarde accepta que la frontière passe par les « points les plus avancés du Piémont ». Le tracé français s’inspire du traité de Paris de 1796 alors que le tracé Italien se base sur le Traité de Turin (1860) qui positionne le sommet à la frontière. 
Si un accord, en 1860, a arrêté une frontière officielle, le sujet oppose régulièrement les deux pays. Le traité de Turin de 1860 spécifie : « Du côté de la Savoie, la nouvelle frontière suivra la limite actuelle entre le Duché de Savoie et le Piémont ». La carte associée au traité de délimitation de 1861 n’est pas jugée assez précise et ne suit pas toujours la ligne de crête. On en revient donc au texte qui est interprété de façon différente.

Alpinistes au sommet du Mont Blanc

Vue depuis le sommet du Mont Blanc sur les Alpes italiennes et suisses (Mont Cervin)

Les Hospices

Le col du Grand Saint Bernard (2473m) 3ème plus haut col routier de Suisse initialement nommée col du Mont-Joux, prend le nom de Saint-Bernard au XIe s en hommage à Bernard de Menthon, homme d’église et fondateur de l’Hospice du Grand Saint-Bernard qui assure l’accueil et le secours aux voyageurs victimes de brigands. Le Col du petit Saint Bernard (2188m) qui marque la frontière entre l’Italie et la France tire également son nom de Bernard de Menthon fondateur de l’Hospice situé en son sommet. Les années 1660-1670 voient apparaitre les premiers chiens au sein de l’hospice. L’histoire raconte que la race des Saint-Bernard est le fruit de croisements de chiens offerts aux religieux par des familles vaudoises et valaisannes. À l’origine, l’élevage avait pour but de fournir des chiens de garde et de défense, perpétuant ainsi la volonté de Bernard de Menthon de faire de la montagne un endroit sûr. Mais très vite, le chien démontre des capacités remarquables en sauvant les voyageurs égarés dans la montagne et en retrouvant des personnes ensevelies sous la neige. Les exploits du chien du Grand-Saint-Bernard apparaissent dans de nombreuses histoires. Les soldats de Napoléon Bonaparte, en 1800, auraient contribué à forger la réputation de ce canidé à travers leurs récits.

Statue de Bernard de Menthon (Saint Bernard) au sommet du col du Grand Saint Bernard. Italie

Hospice au sommet du col du Petit Saint Bernard. France

Pour finir cet article, la période estivale (juin à septembre) est le meilleur moment de l’année pour faire le tour du Mont Blanc à vélo. Et pour découvrir notre séjour, c’est par ici !

Credits photos :

Veymont Travel / ORA Dimension
Jérémy Breaux

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