Paris-Roubaix Challenge

Paris – Roubaix Challenge : À chacun sa part de légende !

C’est une véritable fête du cyclisme qui se déroule à Roubaix, dans le nord de la France le temps d’un week end à la mi-avril.
Le Paris-Roubaix Challenge prend place dans la grande histoire du Paris-Roubaix.
Cette cyclosportive offre l’opportunité de rouler la veille de la course professionnelle sur le tronçon le plus mythique de l’itinéraire emprunté par la course Paris-Roubaix. On y vit l’événement avant d’en être spectateur. On peut même y croiser d’anciennes gloires du cyclisme mondiale.

 

Plus de 7000 participants

Plus de 7000 participants venus du monde entier étaient au rendez-vous pour prendre le départ de la 10e édition, le 13 avril 2019.
Paris-Roubaix Challenge offre 3 itinéraires : 70,145 ou 172 kms.

En 2019, 55 kms de secteurs pavés étaient au programme sur les 257 kms que comportait la course professionnelle.

 

Tout comme le Tour de France, Paris-Roubaix est connu au-delà du cercle des passionnés. Cette course créée en 1896 (seulement interrompue par les deux guerres mondiales), doit sa renommée à l’extrême difficulté de son parcours.
Souvent appelée « L’enfer du Nord », ce n’est pas à la rudesse physique que la course doit son surnom mais à l’état de destruction que les organisateurs ont constaté lors du repérage au printemps 1919, dans la région d’Arras, qui marquait quelques mois plus tôt la ligne de front.

Depuis 1968 Paris-Roubaix ne part plus de Paris mais de Picardie, au fil des ans, les infrastructures routières ont évolué, les pavés disparaissent sous le goudron, contraignant les organisateurs à sans cesse chercher des solutions pour préserver l’identité de la course. La solution sera donc dans un premier temps de partir de Chantilly puis viendra Compiègne.

Sur ces pavés uniquement empruntés le reste de l’année par les engins agricoles qui vont aux champs, les plus grands noms du cyclisme ont bâti ou affirmé leur légende : Sagan, Boonen, Cancellara, Museeuw, Hinault, Merckx…

 

145 kms dont 33 de secteurs pavés

 

 

Il est 9h00 quand je m’approche de la ligne de départ, le thermomètre indique 2°C, le soleil est au rendez-vous. C’est avec un vélo en aluminium que je pars pour 145 kms dont 33 de secteurs pavés.
Pour fluidifier les départs c’est par vague successive que nous nous engageons sur une route sécurisée mais non fermée à la circulation.

Les 50 premiers kms se déroulent à travers les villages du nord et leurs traditionnelles maisons en briques rouges.
L’entrée sur le secteur pavé de la Trouée d’Arenberg (premier secteur de la journée) marque véritablement le début de l’expérience. Le vélo saute sur les premiers pavés, il faut fermement maintenir le guidon, rester solidement assis sur la selle et pédaler suffisamment fort pour tenter de rester sur le haut du pavé. Le concept est simple, plus vite vous roulez moins vous subissez les interstices entre les pavés.
Au contraire, une vitesse trop faible, vous mène à subir le revêtement.
La beauté de la course réside ici, dans l’usure qu’imposent les secteurs pavés et leur répétitions. Tantôt 3 kms, tantôt 500 mètres. Ce jour là, 18 se dressent sur la route, dont les plus célèbres : La Trouée d’Arenberg 2300 m, Mons en Pévèle : 3000 m, Le carrefour de l’Arbre 2100 m.

Le matériel souffre, à 80 kms du mythique vélodrome se présentent les premiers problèmes mécaniques (roue voilée, rayons cassés). Le problème s’accentuera au fil des kilomètres me contraignant à réduire mon allure et rendant incertaine mon arrivée.

Le secteur de Mons en Pévèle se profile. Avec le recul, il est pour moi le plus difficile, son faux plat montant au milieu des champs où rien ne vient arrêter le vent, ses pavés défoncés, et cette église, si proche et si loin à la fois. Mes mains commencent à s’engourdir.

Enfin le Carrefour de l’Arbre, le dernier défi de la journée. Afin de me donner toutes les chances de rejoindre Roubaix, j’emprunte les bas côté, acceptant la possibilité d’une crevaison.
Après 6h00 de route j’entre dans le mythique vélodrome de Roubaix, voilà la ligne, la satisfaction d’avoir terminé est bien présente tant le défis est réel.

Quelques moi avant le Paris-Roubaix Challenge, j’ai eu l’opportunité de participer au Taiwan KOM Challenge (cyclosportive en montagne), et quand il me vient à comparer les deux événements sur le plan du défis physique, c’est le Paris-Roubaix Challenge qui m’a semblé le plus exigeant.
En montagne, vous pouvez adapter votre allure à votre état de fraîcheur, à Roubaix, vous finissez toujours par subir le pavé, il vous fatigue, il vous épuise, exigeant de vous la fraîcheur que vous n’avez plus.

Cette expérience unique, cette part de légende me mènera sans aucun doute à relever le défi l’année prochaine.